jeudi 12 janvier 2017

Madame du Châtelet Discours sur le bonheur, plan détaillé

  1. Un texte argumentatif
  1. Thèse du texte : il faut avoir des passions pour être heureux
Passion et bonheur : deux idées neuves au XVIIIe siècle. Une condamnation de la passion au XVIIe (Eglise, théâtre, moraliste) + impossibilité de l’homme de faire son bonheur sur terre dans une perspective chrétienne au XVIIe siècle. + Émancipation du moi au XVIIIe siècle.
Champ lexical de la passion et du bonheur (à relever dans le texte)
  1. Les différentes passions
-Passions destructrices (la haine, la vengeance et la colère) : A éviter, « vices », condamnation morale.
-Une passion ambiguë : l’ambition. Le positif est qu’elle apporte de la jouissance. Le négatif est qu’elle dépend des autres.
-Eloge de la passion de l’étude elle contribue le plus à notre bonheur.
c) La logique de l’argumentation
Raisonnement progressif du pire au meilleur, des vices à la passion de l’étude en passant par l’ambition.
Présence de connecteur : car, or, parce que, mais.
  1. Une dénonciation de la condition féminine au XVIIIe siècle
  1. L’affirmation d’une égalité femme homme
Périphrase : « La moitié du monde » « C’est cette moitié » (l.19-20)
  1. L’exclusion des femmes


  1. Revendication pour une éducation des femmes
  1. La pluralité des moyens d’accès au bonheur pour les hommes
  2. La nécessité de l’étude pour les femmes


Discours sur le bonheur, Madame du Châtelet

Discours sur le bonheur de Madame du Châtelet (publié en 1779)

Dans ce passage Madame du Châtelet défend deux idées : que l’amour de l’étude contribue grandement au bonheur de l’homme et qu’il doit contribuer au bonheur de la femme.
Dans un raisonnement rigoureux Madame du Châtelet dénonce le manque d’éducation des femmes et revendique ce droit. Cependant, ce discours ne ressemble pas à une harangue violente, tout est dit finement.
  • Raisonnement rigoureux
  • les notions sont définies précisément (celle de passion par exemple), de l’ambition. L’auteur ne se contente pas de survoler les notions, elle avance d’une manière quasi-scientifique, par ajout et soustraction.
  • Nombreux connecteurs logiques (l1 : car, l2 mais)
  • Répétition de la thèse (au début de l’extrait et à la fin)
  • Argument d’autorité convoqué : celui de Cicéron dont elle connait bien l’œuvre et la pensée.

  • Une critique du manque d’éducation des femmes
  • Cette critique n’apparaît pas au premier abord. Il faut attendre la fin du premier paragraphe pour que soit ébauchée une critique. L’expression « la moitié du monde » implicitement replace les femmes à la bonne « hauteur », elles qui sont considérées comme inférieures et comme une quantité négligeables dans le domaine public sont ici désignées à travers une quantité qui les place à égalité avec les hommes. Cette simple expression peut apparaître déjà comme une critique implicite.

  • Opposition très forte entre les hommes et les femmes dans le deuxième paragraphe : « Les hommes ont une infinité de ressources pour être heureux, qui manquent entièrement aux femmes » Le déséquilibre est évident. Grammaticalement les hommes sont sujet du verbe « avoir », les femmes ne sont que complément. Les « hommes » sont à l’initiale de la phrase tandis que « les femmes » sont rejetées en fin de proposition. Le lexique même les opposent : « ont une infinité » s’oppose à « manquent entièrement ». Ce contraste exprime l’indignation de l’auteur devant cet état de fait.

lundi 2 janvier 2017

Correction DST 30 nov

Correction du DST du 30 novembre 2016 à partir d’extraits de copies d’élèves.

Introduction :
     Balzac (1799-1850) est un auteur du XIXème siècle, influencé par les mouvements romantique et réalistes de son époque ainsi que par l’empire de Napoléon. Le colonel Chabert, héros du roman éponyme, parut d’abord en 1832 sous le nom La Transaction, se bat pour retrouver son identité après avoir été déclaré mort lors de la bataille d’Eylau en 1807. La comtesse Ferraud, épouse du « feu » colonel, cherche à protéger le mariage avec son second mari afin de conserver sa fortune et sa position sociale. Dans cet extrait, nous allons nous pencher sur la façon dont la comtesse Ferraud reçoit le colonel et la manière dont elle agit avec lui. Nous verrons d’abord la ruse qu’elle utilise puis nous verrons quel est son vrai visage.

Un plan satisfaisant :
I La ruse
a)    Une habile manipulation
b)    Une bonne actrice
c)     Le colonel pris au piège
II Le vrai visage de la comtesse
a)    Sa cible : le colonel
b)    Son objectif
c)     Ses difficultés


Un autre :
I Une actrice de talent
a)    Un air de vérité
b)    Une séductrice
II Une bataille inégale
a)    Une volonté inébranlable face à la faiblesse
b)    Une stratégie déloyale.




Quelques passages sortis de vos copies :

Dans ce texte on voit une femme prête à tout. On le remarque au travers de « l’air de vérité » (l1) qui est le sous-entendu d’un mensonge.
 La comtesse est habile dans sa manipulation. Les expressions « admirable » (l3), « tendre soins » (l4) « constante douceur » (l4), « charmes » (l8) montrent à quel point la comtesse peut se montrer bonne et bienveillante.

La comtesse Ferraud est particulièrement bonne actrice. La comparaison « comme une actice » (l19-20) est d’ailleurs présente ainsi que la métaphore : « déposa le masque de la tranquillité » (l18-19). Ainsi elle est comparée à un personnage d’une pièce de théâtre qui aurait donc des qualités de mise en scène de soi. De plus, la tranquillité est évoquée comme un masque, ce qui renforce l’idée que Madame Ferraud peut jouer différentes émotions, enlever ou mettre différents masques selon la situation.  Elle est également déterminée dans sa démarche comme le prouve le début de la phrase : « décidée à tout pour arriver à ses fins » (l13) et paraît totalement crédible comme on peut le constater dès la première phrase : « l’air de vérité qu’elle sut mettre », et sa force de persuasion est soulignée ici grâce au verbe savoir.

Pour arriver à ses fins, la comtesse use de différents moyens, on retrouve encore une fois son comportement manipulateur : « par de tendres soins et par sa constante douceur elle semblait vouloir effacer le souvenir » (l4-5), » les charmes auxquels elle le savait faible » (l8-9). On note donc à quel point la comtesse connaît parfaitement le colonel. Elle fait également appel aux émotions du colonel afin de parfaire sa manipulation : « Tout en faisant apercevoir une sorte de mélancolie » (l8) « elle voulait l’intéresser à sa situation et l’attendrir » (l11).
Attention le paragraphe est juste mais il ne doit pas se terminer par une citation…

Le masque tombe lorsque la comtesse se retrouve seule. Elle est comparée à une actrice « fatiguée » La comparaison nous permet d’affirmer que l’ex-femme du colonel est à bout, épuisée par l’anxiété qui se traduit par l’expression « à demi-morte » manifestement hyperbolique mais qui montre le degré de son angoisse.

La comtesse cherche à « s’emparer de son esprit et disposer souverainement de lui » (l12) Elle veut également « l’anéantir socialement » (l15) On remarque en effet cette dégradation dans le personnage de Chabert au long du texte. Il est tout d’abord « comte » (l19) puis colonel (l25) et enfin « bonhomme » (l31). La comtesse a donc en quelque sorte réussi « ses manœuvres » (l17) puisqu’elle arrive à faire ressentir au comte « la honte » (l2) et parvient également à l’inquiéter » lorsqu’elle se retire « chez elle » (l18).



Le colonel Chabert Texte 3

 Texte 3 :  Le Colonel Chabert Honoré de Balzac, 1832

 L’air de vérité qu’elle sut mettre dans cette réponse dissipa les légers soupçons que le colonel eut honte d’avoir conçus. Pendant trois jours la comtesse fut admirable près de son premier mari. Par de tendres soins et par sa constante douceur elle semblait vouloir effacer le souvenir des souffrances qu’il avait endurées, se faire pardonner les malheurs que, suivant ses aveux, elle avait innocemment causés ; elle se plaisait à déployer pour lui, tout en lui faisant apercevoir une sorte de mélancolie, les charmes auxquels elle le savait faible ; car nous sommes plus particulièrement accessibles à certaines façons, à des grâces de cœur ou d’esprit auxquelles nous ne résistons pas ; elle voulait l’intéresser à sa situation, et l’attendrir assez pour s’emparer de son esprit et disposer souverainement de lui. Décidée à tout pour arriver à ses fins, elle ne savait pas encore ce qu’elle devait faire de cet homme, mais certes elle voulait l’anéantir socialement. Le soir du troisième jour elle sentit que, malgré ses efforts, elle ne pouvait cacher les inquiétudes que lui causait le résultat de ses manœuvres. Pour se trouver un moment à l’aise, elle monta chez elle, s’assit à son secrétaire, déposa le masque de tranquillité qu’elle conservait devant le comte Chabert, comme une actrice qui, rentrant fatiguée dans sa loge après un cinquième acte pénible, tombe demi-morte et laisse dans la salle une image d’elle-même à laquelle elle ne ressemble plus .Elle se mit à finir une lettre commencée qu’elle écrivait à Delbecq, à qui elle disait d’aller, en son nom, demander chez Derville communication des actes qui concernaient le colonel Chabert, de les copier et de venir aussitôt la trouver à Groslay. A peine avait-elle achevé, qu’elle entendit dans le corridor le bruit des pas du colonel, qui, tout inquiet, venait la retrouver.
     Hélas ! dit-elle à haute voix, je voudrais être morte ! Ma situation est intolérable…
— Eh ! bien, qu’avez-vous donc ? demanda le bonhomme.
— Rien, rien, dit-elle.


mercredi 7 décembre 2016

Plan définitif

La fin du Colonel Chabert

I Un bilan pessimiste
a) Le sort de Chabert
b) La vision sombre de Derville
c) Les moyens employés par Derville

II Analyse du romanesque et du réalisme
a) Balzac et Derville
b) la démarche réaliste
c) la comédie humaine. 

Là encore il suffit de remplir les cases...

Lundi 5 décembre

Dernière page du Colonel Chabert.

Plans différents : 

Plan 1 : 
I Critique de la société
a) 3 types et le rôle du prêtre
b) l'horreur humaine
c) l'homme de justice à part. 

II Parallélisme Derville/Balzac
a)Derville avoué
b) Un rôle pas simple
Les idées de Balzac à travers Derville.


Plan 2 : 
I Le genre romanesque

II L'analyse pessimiste de la société
a) gradation sur ce qu'a vu l'avoué
b)Le sort du colonel Chabert

Plan 3 : 

I Analyse pessimiste de la société
a)des liens corrompus
b)des catégories schématiques

II Analyse du genre romanesque et du réalisme
a)une vérité nauséabonde
b) la démarche réaliste
c)le masque de la comédie humaine


Plan 4 : 
I Un inventaire pessimiste
a) le colonel Chabert
b)horreur humaine
c)l'exil de Derville

IILe réalisme balzacien
 a) Avoué et écrivain
b) la comédie humaine
c) esthétique de l'excès. 

Ces 4 plan rendent compte du texte. Il suffit maintenant de "remplir" les cases ! et trouver une problématique.